Le 31 janvier 2009
, Arsenal recevra les Hammers de West Ham à l’Emirat Stadium. Pour ce faire, sur le site officiel des Gunners, des lots « executive box »  sont mis en vente pour la « modique » somme de 12 500 euros  l’unité.  En payant un « executive box », vous louez une parcelle de 12 places assises dans le select balcon du stade, vous  profitez de divers services comme boire du  champagne à votre arrivée et prendre part à des « petits » buffets gastronomiques (servis avec vins et bières, s’il vous plait). Vous pourrez même faire un don à l’
Arsenal Holdings, si le sens de « l’hospitality » et du spectacle vous ont séduit. Tout un programme à la portée de n’importe quelle bourse… d’émir, oligarque russe ou trader de la City.

Car signe des temps de crise, même les « classes supérieurs » de la société anglaise boudent l’occasion de serrer les mains des joueurs et de rencontrer le responsable déco d’Highbury Square, Arsène Wenger. En période de solde, le lot ne se vend plus qu’à  9 200 euros  depuis le début de l’année! Il est vrai que l’actuel classement des Gunners (5e place en championnat) n’est pas fait pour améliorer le remplissage de l’enceinte sportive construite à l’emplacement d’une ancienne usine de recyclage. Et dire qu’à son ouverture, les places « normales » et VIP devaient se vendre comme des petits pains, comme l’avait déclaré l’actionnaire principal du club, le richissime diamantaire Danny Fiszman. Mais voilà, le club n’est pas à la hauteur de ses ambitions, et ce n’est pas les interviews anesthésiantes de « Sir » Wenger  qui feront passer un HLM pour un loft.

Même si aujourd’hui, l’exploit sportif n’est plus qu’un succédané aux affaires stratégiques, financières ou immobilières des business men dans le football, le « réel », c'est-à-dire le terrain, peut avoir des conséquences non négligeables sur la santé comptable des « grands » clubs. Dans un verbiage d’économiste, les retombées en termes d’investissement pour les acteurs ou agents économiques (ville, sponsors, média, actionnaires, marchandising, etc.) seront moindres si les objectifs ne sont pas atteints.

Alors quand le spectre d’une non-qualification pour la phase finale de la lucrative et élitiste « Champions League » devient possible, le cataclysme d’un manque à gagner fait s’agiter les porte-monnaie et les escarcelles de nos hommes (ou femmes) d’affaire. Un ténia paniqué ayant subit un traitement au vermifuge, voilà l’image qu’on pourrait avoir du degré de sérénité des responsables d’Arsenal à ce jour.

Arsène « le gentil » entend siffler le vent  de la « saine » pression, ou dirons-nous celui de la « mauvaise » critique, qui lui reproche de n’avoir jamais réussi à faire gagner un trophée européen aux Gunners d’Arsenal depuis sa prise de fonction en 1996. Une zone d’ombre que notre « placide » Arsène tente bien de repousser à travers ses attitudes provocatrices à l’encontre de quiconque l’empêchera de « manager en rond ». Les cibles sont diverses. La FIFA, l’UEFA, les Fédérations, les Ligues, les arbitres, et même les équipes adverses en prennent pour leurs grades. Si Arsenal n’arrive pas à satisfaire ses ambitions, c’est de la faute à tous le monde. Arsène, lui, se dit la victime. Mais les résultats du  « martyr » Wenger ne font pas l’unanimité du côté de son propre club.

Alicher Bourkhanovitch Ousmanov, homme ayant fait sa fortune dans le secteur public, sur les restes de la défunte Union des Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS) dans les années 90, est un sérieux client dans le monde des affaires. Le magazine Forbes estimait en 2007 sa fortune personnelle à 9,5 milliards de dollars. En 2008, le chiffre serait moindre du fait de l’éclatement de la bulle spéculative.  Mais que sait-on réellement du degré d’influence et de richesse personnelle de cet ouzbek  qui entretient, faut-il le savoir,  des relations étroites et personnelles avec l’ex-Président et Premier Ministre actuel de Russie, Vladimir Poutine ?  

Même si Alicher Ousmanov est moins connu médiatiquement que son compatriote milliardaire Roman Abramovitch, ses accointances avec le pouvoir du Kremlin en font un homme fort du côté de la Russie. Il est le directeur général de Gazprom Invest Holding, filiale de la célèbre industrie gazière Gazprom, et dont l’actualité sur le conflit opposant la Russie et l’Ukraine pour l’approvisionnement en gaz et touchant partiellement l’Europe, doit nous faire réfléchir au pouvoir détenu par notre homme. En devenant en 2006, nouveau propriétaire du journal financier russe le plus lu, « Kommersant », en mettant sur la table 300 millions de dollars, Ousmanov va  accroître sa position personnelle dans la stratégie de la Russie, d’expansion économique, dans et hors de ses frontières.

Patron également de Metalloinvest, Alicher Ousmanov n’est pas un tendre. Dans les années 80, il fera de la prison pour extorsions de fonds et sera soupçonné plus tard de faire du « business » avec des méthodes expéditives.

En 2007, on apprend par ce communiqué qu’il devient actionnaire des Gunners « Alicher Bourkhanovitch Ousmanov, 54 ans, devient copropriétaire de 14,58 % des actions d'Arsenal. Alicher Ousmanov (…)  a racheté les parts de l'ancien vice-président du club londonien, David Dein, démissionnaire du board d’Arsenal. La transaction est estimée à 110 Millions d’euros, et a été effectuée via la société Red and White Holdings Ltd, qu'il codétient avec Farhad Moshiri,  homme d'affaire britannique d'origine iranienne. En contrepartie, David Dein a été propulsé président de Red and White». A ce jour, Alicher Ousmanov détient 24% des parts, ce qui en fait le 2e actionnaire des Gunners.

Alors Arsène Wenger qui déclarait lors de l’annonce d’arrivée d’Ousmanov, « La tradition a toujours voulu ici que l'on laisse le manager général de l'équipe faire son travail comme il l'entendait ». Et bien, avec le russe, c’est « business is busines » et la tradition, « on s’en fout ». Il lui faut des résultats et rapidement. Et c’est en ce sens que la nomination d’Ivan Gazidis en tant que nouveau directeur général d’Arsenal va accentuer la pression, car les enjeux sont colossaux.

Peter Hill-Wood, le Président d’Arsenal résume bien les attentes et les impératifs dans lesquels le club londonien se trouve et la mission qui  sera celle de Gazidis aux Gunners: "Il a une grande intelligence du monde des affaires, ainsi qu'une connaissance élargie du football, qui vont nous aider non seulement à maintenir Arsenal à son niveau éminent, mais aussi à étendre notre réputation au sein de la communauté du football et des marchés commerciaux internationaux".

Le message est clair : on doit faire encore plus et Arsène ne sera pas épargné si le club n’est pas dans l’élite footballistique et du commerce.

Mais comment faire du plus avec du moins ?

On devrait encore voir notre grand escogriffe s’agiter dans les prochains mois et peut-être implorer que « God save the Gunners ».




Retrouvez God save the Gunners (part 1/3)http://www.clashfoot.com/article-26458965.html
Retrouvez God save the Gunners (part 2/3)http://www.clashfoot.com/article-26498416.html 

Textes de référence pour l’élaboration de l’article

http://www.sport24.com/football/championnats-etrangers/angleterre/fil-info/wenger-critique-l-arbitrage__1-225271/

http://www.myfreefoot.fr/etranger/0/wenger-ne-se-sent-pas-menace-32494.html

http://archives.lesechos.fr/archives/2008/lesechos.fr/05/12/300263538.htm

http://www.kommersant.com/

http://www.metinvest.com/eng/page.aspx?sid=92

http://fr.sports.yahoo.com/15022008/1/angleterre-ousmanov-poursuit-son-grignotage-du-capital-d-arsenal.html

http://www.lemonde.fr/sports/article/2008/12/26/querelle-de-proprietaires-a-arsenal_1135548_3242.html

http://www.guardian.co.uk/football/2008/nov/26/arsenal-ivan-gazidis-chief-executive

http://www.sport.fr/football/foo/Premier-League-Ivan-Gazidis-nouveau-DG-d-Arsenal-142062.shtm

 

 

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